ILS SONT ACCOMPAGNÉS : KARMA SUTRA

 

À L’Aéro, on accompagne des groupes de la Région dans leur démarche de création. Vous aviez peut-être lu l’article que nous avions écrit à ce sujet traitant des Radical Suckers (programme janvier-mars 2016, disponible également sur notre site web). Eux ont terminé cette phase de travail avec nous, mais on a demandé à un des membres du groupe de nous parler de Karma Sutra, les petits nouveaux.

Témoignage par Clém (bassiste des Radical Suckers)

Après la sortie de V.I.T.R.I.O.L. en mars dernier, on savait que nos jours à L’Aéro étaient comptés. Trop longtemps qu’on tirait sur la corde, ils allaient finir par nous virer. Mais comme on est vraiment des pourris, on a appuyé les copains de Karma Sutra pour l’accompagnement avant de se barrer. Vous pensiez en avoir fini avec le rock’n’roll moîte et bruyant ? Vous aviez tort.

Radical Suckers (c’est-à-dire nous) introduit avec plaisir Karma Sutra (ce sont les autres) :

En 2013, le trio se fédère autour de grattes, d’abord Le Doud et Corbak, qui jamment psyché comme des beatniks, puis avec Gwendoom à la cognante. C’est devenu un peu plus lourd du coup. Du heavy blues avec un son bien gras, selon eux. Shamanic poutrage. Des passages calmes, des passages bien bruts, jamais hippie et jamais vraiment stoner non plus, c’est frais avec des codes à l’ancienne. Un pattern de batterie thrash au milieu d’un morceau prog, une ambiance tamisée aux larsens, c’est la voix du zen, mais il y a aussi la face sombre, celle des pupilles serrées et de la nuit flippée.

C’est beau à voir sur scène, Karma. L’encens, le coussin de prière tibétain, les incantations à Shiva (Corbak dit que c’est comme faire l’amour, un concert, des fois cool, parfois rentre-dedans), un décorum simple mais qui installe l’écoute. Presque intimiste. Et puis le fan de Slayer, planqué au fond dans la fumée, se met à taper. Bien gras, au fond du temps, lourd. J’ai vu des mosh pit* sur Karma Sutra, certes avec des chemises à fleurs et des colliers de perles, mais des mosh pit quand même. J’ai vu des Amul Solo** suintantes jusqu’à la fermeture avec eux, en haleine sur des morceaux de dix minutes et plus, c’est à dire dix minutes et plus de cymbales de 24 fracassées consciencieusement. Mais ça fonctionne et tu restes jusqu’au bout.

Ils sont en train de mixer un album, avec le soutien de L’Aéro maintenant (ça a été enregistré par Nico, le batteur des Lumberjack Feedback). C’est cool, parce que c’est tout ce qui leur manquait. Leur versant hippie super libre, et leur côté sans pitié quand ça cogne, ça va rendre bien dans les enceintes. Et ça sera une belle carte de visite pour aller voir du pays, et montrer à droite à gauche de quel bois ils se chauffent.

Bon les gars, la place est chaude, faîtes pas les cons. Faîtes pas gaffe à Cusmar***, il est cool dans le fond, tapez la bise au Boy (r3my)**** pour nous, et gardez la pêche les gros, on s’incrustera pour votre realease party ahahah.

Clém (bassiste des Radical Suckers)

* Mosh-Pit : le mosh (ou mosh pit) est un type de danse brutale. Dérivé du pogo pratiqué à l’origine par les punks anglais à la fin des années 70.
** Amul Solo : café rock’n’roll à Lille, rue des Arts.
*** Cusmar : alias Marcus Carbon, responsable de l’accompagnement à L’Aéro
**** Boy (r3my) : ingénieur du son qui a mixé et masterisé l’album V.I.T.R.I.O.L de Radical Suckers