L'Aéronef et My Favorite présentent :

FRUSTRATION (Fr)

Punk . Cold Wave

RENDEZ-VOUS (Fr)

Post Punk

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    Les présenter une énième fois serait leur manquer de respect. Mais rappeler pourquoi ils sont importants ne peut pas faire de mal. Historiquement liés à la montée en puissance de Born Bad Records, dont ils furent la toute première sortie, les membres de Frustration font figure de grands frères bienveillants de toute la scène indé française. Leur parcours même est symbolique : issus du milieu garage qui tournait en circuit fermé dans les années 90, ils ont délaissé le rock à tatouages/gomina pour tenter autre chose – un truc à la croisée du punk et de la cold wave, de Metal Urbain, Killing Joke, et Joy Division – quand nous redécouvrions tous le patrimoine « synthwave » de la France à travers les compiles BIPPP ou Des Jeunes gens mödernes. Et cinq mecs pas vraiment réputés pour être des dieux de la technique se sont retrouvés investis d’une grâce étrange, entre l’éclosion du génie et l’alignement de planètes : devenus avant-gardistes à la quarantaine commençante, ils ont montré le chemin comme si de rien n’était à toute une génération de groupes qui a pris conscience que oui, c’était possible, ici-même, dans l’Hexagone maudit. Succès critique, grosses ventes, public déchaîné. Le reste est de l’histoire.

     

    Nouvel album : Empires of Shame, sorti le 14/10/16 › Lire la chronique ▾

    Frustration. Une sueur froide en riposte à l’insatisfaction des Stones, déjà. Frustration si étroitement lié à l’essor du label Born Bad. Frustration et le succès désormais. Injonction paradoxale ? Frustration n’est pas un groupe peine à jouir, encore moins opportuniste. Quinze ans et seulement trois albums. Ils ont écumé tous les lieux pour curieux et se sont bâti une réputation de furieux. Sur ce disque paru à l’automne, forcément, nos sombres hérauts du renouveau post-punk made in France ne changent pas les fondamentaux mais plantent quelques belles banderilles du côté des guitares. Plus saillant, lorgnant parfois vers les tessons de Shellac, ce nouvel opus mature mais pas sage parvient à combiner sophistication et précision dans l’impact. Montant encore d’un cran la tension, ce cockring ne demande qu’à délivrer les énergies. Positives et négatives.

    Bertrand Lanciaux

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    Warum Joe – Joy Division – Sleaford Mods