TY SEGALL AND THE FREEDOM BAND (USA)

Garage . Psyché

MIKE DONOVAN + MATTIEL (USA)

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    Cela fait désormais dix ans que Ty Segall amuse la galerie avec son grunge lettré, son folk exubérant puis son maelström ludique dans lequel le mélomane tente tant bien que mal de discerner les emprunts, la foi de la bravade, sans jamais ressentir, ô miracle ! l’opportunisme dans lequel sombrent tant d’autres. Débarqué comme un lutin d’une boite de Pandore déposée à San Francisco, le garçon accumule les disques tantôt avec une grâce pailletée, tantôt avec une pesanteur sabbatique, bouscule le confort de l’auditeur avec d’incongrues juxtapositions et ne lui laisse finalement aucun répit. On le sait maintenant capable d’écrire de grandes chansons. Il n’y a donc aucune raison de se priver d’une soirée jubilatoire et débridée. Une invitation à l’allégresse glam, à la gaieté partagée, une immense « cuddle party » Folk pour retrouver même brièvement l’essence du San Francisco bienveillant – qui a dit « bobo » ? – à l’ombre des terrils. Une gageure !

    Raphaël LOUVIAU

     

     

    Nouvel album : Frees Up Freedom's Goblin! (26 janvier 2018) › Lire la chronique ▾

    TY SEGALL
    Freedom’s Goblin
    (Drag City)
    En concert chez nous le 30/05

     

    Ty Segall a produit une vingtaine d’albums en dix ans. Aucun mélomane sensé n’a envie de s’infliger ça. Freedom’s Goblin offre une alternative imparable aux sains d’esprit, aux néophytes et aux distraits : tout Ty Segall en 19 titres. L’album, quoique roboratif, s’écoute d’une traite sans ressentir ce besoin impérieux de faire la vaisselle pour combler les baisses de régime. Le départ est tonitruant, tout en réminiscences seventies triomphantes, héritages d’une époque insouciante pas encore plombé par le renoncement. Plage après plage, Ty déroule son OuLiPo(p) référencé (68/78) en ne négligeant rien ni personne : glam épique, kraut joyeux, proto-disco, funk poisseux, power-pop juvénile, punk préhistorique et même polka dépressive. Mais, comme Beck avant lui, il cisaille à l’envie chacun de ses morceaux en juxtaposant l’irréconciliable dans un immense cut-up foutraque et jouissif. Du coup lorsqu’il s’essaie à la ballade Bowiesque, on lui est presque reconnaissant d’éviter le break hardcore pour nous laisser tout le loisir de nous y lover. Magistral.
    Raphaël Louviau

    Dans la même veine :

    Thee Oh Sees – Chain and the Gang – The Stooges

    Plus d'infos :

    http://www.ty-segall.com/