Chronique de disque de Fishbach

On a beau se dire que Fishbach ne semble pas être addict aux survêtements adidas lazer multicolore et aux choucroutes laquées, l’idée de chroniquer une énième resucée des années 80,  n’est guère émoustillante. Oui mais voilà. Si elle est ancrée dans l’ambiance variété de cette sombre période, Fischbach s’en sert pour mieux nous retourner, dès qu’on pourrait sentir poindre une once de ringardise, d’un grand écart musical. Qui invoque le timbre profond de Desireless ? Peut-être, mais escorté des beats de Kraftwerk, comme sur Invisible Désintégration de l’Univers. Qui suppute une intonation à la Julie Pietri ? Réorchestrée et digérée par Front 242 sans doute. Synthétique et anachronique, androgyne et ténébreuse, convoquant dans ses textes à moult reprises la mort et les éléments, Fishbach et ses 24 printemps ne peut être cataloguée aussi facilement. Si bien que s’il fallait chercher de véritables références, ce sont plutôt vers les monuments Catherine Ringer (ce grain de voix sur Ma Voie Lactée), Muriel Moreno (Un Autre Que Moi semble compiler le meilleur des diverses périodes de Niagara) ou encore Christophe qu’il faudrait se tourner. Il y a pire références !

Bertrand – Caf&Diskaire