Chronique de disque : PORCHES

Porches
The House
(Domino)
En concert chez nous le 17/04

 

Succéder à l’album de la révélation critique et publique n’est pas une mince affaire. Après Pool, c’est donc peu dire que le frêle Aaron Maine était attendu au coin du bois avec ce The House. Droit dans ses sneakers, le jeune Aaron ne se laisse pas impressionner. Refusant la surenchère, The House continue de patiner gracieusement sur les glacis synth-pop, mais ajoute une fragilité au support. Pas de périlleuses figures, mais des fissures ; un journal intime qui se livre sans s’offrir facilement. Nul revirement, cet indie-dance mélancolique peut s’appréhender sans sombrer dans la déprime, mais on perçoit cette fêlure qui apporte une saveur bien particulière à cette œuvre que l’on redouta simplement efficace ou perfectionniste. C’est dans ces brèches que l’on perçoit la richesse de l’ensemble. Un album court, malgré ces 14 compositions, dont certaines relèvent plus de l’interlude. Ceci participe au côté accidenté de The House, maison témoin squattée par des twentysomethings d’où s’échappent les troubles d’une sensualité suburbaine toute américaine.
Bertrand Lanciaux