Chronique de disque : PRIESTS

Priests
The Seduction of Kansas
(Sister Polygon Records)
En concert chez nous le 17/05

 

Pour ce second album, Priests remet en cause quelques- uns de ses fondamentaux. Passé de quatuor à trio suite au départ de son bassiste, Priests se réinvente sans se renier. Toujours héritier de la tradition contestataire punk de Washington DC, Priests ne se revendique d’aucune chapelle traditionnaliste. Pour cet album, le trio s’est adjoint les services de Janel Leppin (Marissa Nadler, Mellow Diamond) à la basse et sur la composition de plusieurs titres. A la production, on convie John Congleton déjà sollicité par Angel Olsen et St. Vincent. On retrouve la verve d’un groupe clairement anti-Trump mais interrogeant les causes ayant permis son ascension. Musicalement, le post-punk des origines gagne en complexité, avec un soin pour les textures sonores et des influences (trip-hop, Bowie berlinois, X, Pretenders), que l’on ne percevait pas jusqu’ici. Moins anguleux mais plus carré, ce nouvel album parvient à emmagasiner l’énergie du groupe, la canaliser sans pour autant en faire chuter l’intensité.

Bertrand Lanciaux