Chronique de disque : TY SEGALL

TY SEGALL
Freedom’s Goblin
(Drag City)
En concert chez nous le 30/05

 

Ty Segall a produit une vingtaine d’albums en dix ans. Aucun mélomane sensé n’a envie de s’infliger ça. Freedom’s Goblin offre une alternative imparable aux sains d’esprit, aux néophytes et aux distraits : tout Ty Segall en 19 titres. L’album, quoique roboratif, s’écoute d’une traite sans ressentir ce besoin impérieux de faire la vaisselle pour combler les baisses de régime. Le départ est tonitruant, tout en réminiscences seventies triomphantes, héritages d’une époque insouciante pas encore plombé par le renoncement. Plage après plage, Ty déroule son OuLiPo(p) référencé (68/78) en ne négligeant rien ni personne : glam épique, kraut joyeux, proto-disco, funk poisseux, power-pop juvénile, punk préhistorique et même polka dépressive. Mais, comme Beck avant lui, il cisaille à l’envie chacun de ses morceaux en juxtaposant l’irréconciliable dans un immense cut-up foutraque et jouissif. Du coup lorsqu’il s’essaie à la ballade Bowiesque, on lui est presque reconnaissant d’éviter le break hardcore pour nous laisser tout le loisir de nous y lover. Magistral.
Raphaël Louviau