Entretien avec J.C. Satàn

True face, « Love Session » c’est un nouveau projet, dans tous les cas c’est différent de ce que l’on connait de J.C. Satàn. Vous pouvez nous en dire plus ?

J.C. Satàn, c’est une dichotomie à la base, dans tous nos albums il y a toujours eu un côté très Rock’n Roll mais aussi un côté pop avec des ballades. Les gens nous connaissent par le live qui sonne très Rock’n Roll avec des grosses guitares et un gros son. On aime le côté intense d’un concert où pendant 45 minutes les gens en prennent plein la gueule. Pour « Love Session » a mis de côté une partie de notre discographie.


Ce projet, c’est une envie collective ou on vous l’a proposé ?

Non, cette idée est venue quand on nous demandé de faire un set acoustique dans une médiathèque. Nous, on ne voulait pas et nous avons proposé de jouer un set de morceaux que l’on ne jouait jamais parce que notre installation sur scène et notre matériel ne correspondait pas à ce type de chansons. On a donc décidé de jouer tous les morceaux plus pop de nos albums. On s’est rendu compte que ça avait du sens de proposer cette version et surtout ça nous a permis de jouer des morceaux que l’on aime beaucoup.


Vous avez joué plusieurs fois cette version ? Est-ce que ça a changé votre approche du live ?

Avec cette formule plus pop, ça nous rend plus fragile que d’habitude. Nous avons joué quatre fois dans ce format.


En septembre 2015, on a pu lire que J.C. Satàn était un groupe de cave qui joue partout en Europe. Avec les succès et l’exposition médiatique de ces quinze derniers mois, est-ce que vous êtes sortis de la cave ? Pourquoi voulez-vous vous fragiliser et vous mettre en danger de nouveau ?

Nous avons beaucoup tourné en Europe, des tournées d’un mois. Depuis deux ans, nous tournons essentiellement dans les réseaux des Smac et des festivals en France. On a peu tourné en Europe, on est allé en Belgique et en Italie récemment et on prépare une tournée anglaise. Pour répondre à ta seconde question, on ne se pose pas la question de se mettre ou non en danger. Arthur, tu vois il a un sens aigu de l’attitude et l’esthétisme sur scène. Au début il ne pensait pas et nous ne pensions pas non plus que ces morceaux pourraient entrer dans notre set-list. Aujourd’hui nous avons un autre regard et nous sommes heureux de jouer des morceaux que nous aimons. C’est tout aussi intense car dans les montées en puissance l’écart est encore plus important. Quelle que soit la formule ce que nous recherchons pendant un concert c’est de faire ressentir quelque chose de physique, d’intense et puissant.


Alors que vous pourriez profiter d’un confort de rock band identifié, vous continuez à faire ce qui vous plait. J.C. Satàn n’est jamais là où on l’attend et ce n’est pas une posture du groupe.

Depuis le début du groupe, nous n’avons jamais réfléchi, on ne s’est jamais posé de question. Le groupe a mis deux ans à se stabiliser, Paula chantait pour la première fois dans un groupe, tout a toujours été très spontané. Aujourd’hui après quatre albums, on prend un peu plus de temps pour faire un disque… Le fait de tourner avec cette formule, ça nous fait revenir à nos débuts et c’est super agréable.


A propos de Paula, nous avons entendu dire qu’elle avait un restaurant ?

Non pas vraiment, Paula travaille dans un restaurant associatif. Une association, « Allez Les Filles »  (on salue au passage Monsieur Francis Vidal !) sur Bordeaux qui organise des concerts et qui a un restaurant associatif. Elle y cuisine deux ou trois jours par semaine quand nous ne sommes pas en tournée. Paula est une très bonne cuisinière.


Puisque l’on parle d’associatif et de collectif. J.C. Satàn fonctionne comme collectif ? Vous prenez les décisions collectivement ?

Oui, on fonctionne comme les groupes des années 60/70. J.C. Satàn n’est pas conçu comme un groupe avec un leader et un backing band qui change à chaque tournée. Aujourd’hui, si un des membres quittait le groupe, J.C. Satàn n’existerait plus.


Quand on regarde votre site internet, on y voit une imagerie assez drôle. C’est important pour vous ?

Pareil, c’est une personne du groupe qui s’occupe du site et tout le monde y amène sa contribution. Nous ne sommes pas un groupe qui attache beaucoup d’importance au « artwork » mais pourtant beaucoup de gens aiment nos pochettes. C’est ce qui est le plus important.


Nous savons que vous n’aimez pas trop les étiquettes, pourtant on a qualifié votre musique de « pop doom médiéval ».

Ca nous a fait beaucoup marrer !


L’Aéro fait un focus sur la ville de Manchester. Ca vous fait penser à quoi Manchester ?

Euh, ben on ne sait pas trop ! Le Foot !!.