Interview Paulo Furtado AKA The Legendary Tigerman

 

 

Tu viens de Coimbra et tu vis à Lisbonne ? Pourquoi ce choix ? Pourquoi pas Porto ?

En fait je suis né au Mozambique et j’ai toujours eu un lien très fort avec Lisbonne dont mes parents et grands-parents sont originaires. C’est une ville intéressante et pleine d’énergie et même si j’aime aussi beaucoup Porto, Lisbonne est la seule ville où j’ai envie de vivre au Portugal.

 

Tu voyages beaucoup ? Quel serait le pays où tu souhaiterais faire une halte ?

Oui c’est vrai je voyage dans le monde entier, et j’aime particulièrement l’Amérique du Sud et plus précisément le Mexique. J’aime les gens, le climat, la gastronomie, en fait j’aime tout là-bas.

 

En France, ce n’est pas forcément le bon moment ! Quel est ton regard sur notre pays ?

Oui il semble que nous nous dirigeons tous vers des temps difficiles. Je respecte et admire énormément les victoires du peuple français obtenues par le passé, principalement tout ce qui a été gagné pour la justice sociale, en matière de droits humains et sociaux. Pour moi vous êtes une des sociétés les plus avancées en ce qui concerne ces sujets. Vous traversez des temps difficiles et la droite dure prend de l’ampleur en flattant le peuple, comme on a pu le voir dans l’histoire, avec des slogans extrémistes. Mais j’ai confiance en l’intelligence du peuple français, je suis certain que l’avenir sera meilleur.

 

Ton 6ème et dernier album a été enregistré avec Dave Catching ! Pourquoi ce choix ?

C’était le premier disque que j’enregistrais avec le groupe et je voulais que tout le monde soit concentré à 100% sur la musique. J’avais déjà écrit presque tout le disque sur la route entre Los Angeles et Death Valley et Joshua Tree me semblait être l’endroit idéal pour l’enregistrer. Ressentir la vibration et le rythme du désert était vraiment merveilleux et cela nous a beaucoup aidés. Dave est franchement un type épatant, il a été vraiment, vraiment chouette avec nous quand nous enregistrions, il nous préparait de succulents repas et nous encourageait toujours. Il n’était pas là en tant que producteur, il était simplement une espèce de « Gourou de la vibe », il a aussi enregistré dans un ou deux morceaux avec beaucoup de générosité, je pense que ça lui a plu. Une chose importante aussi était sa collection d’amplis, de guitares et toutes sortes d’instruments. Je tenais à arranger les morceaux là avec des instruments différents de ceux dont je me sers habituellement. C’était vraiment une expérience fantastique.

 

On dit qu’il y a une approche fraîche du rock et du punk dans cet album ? Es-tu d’accord avec cela ?

Oui j’espère bien ! Pour moi c’est un disque très spécial. Il a été enregistré à l’ancienne dans le désert de Joshua Tree mais je ne voulais pas que le disque soit mixé de façon rock traditionnelle alors j’ai demandé à Johnny Hostile (Savages, John & Jehn) de le mixer et le produire à Paris. Nous nous connaissons depuis longtemps, j’ai pour lui un grand respect et je sais qu’il est un grand spécialiste de rock’n’roll et de punk mais aussi de hip-hop et de musique électronique et expérimentale. Je suis fan de l’idée d’utiliser les techniques et points de vue de différents genres de musique.Je voulais que Misfit soit mixé d’une façon libre et inhabituelle et je pense que Johnny a fait un super boulot.

 

Parallèlement, tu continues avec le cinéma ? Tu ne t’arrêtes jamais ?

Je termine mon premier court-métrage, sans rapport avec ma carrière musicale, il s’appelle Amour Quantique et je suis déjà en train d’en écrire un nouveau, je participe aussi à des bandes son de films. J’aime mon boulot et je pense que oui je ne m’arrêterai jamais. Je ne veux pas m’arrêter !

 

Ton coup de cœur Cinéma du moment ?

Je suis fasciné par The Other Side of te Wind un projet/film expérimental d’Orson Welles, qui a été réalisé par Orson Welles & Bob Murawski. Ce fut le dernier grand projet d’Orson il vient de sortir. C’est fou et magnifique, comme devrait l’être la vie.

 

Sais-tu que quand on tape The Legendary Tigerman sur le net, les recherches associées sont des filles ?

Ça me rend heureux, j’aime travailler avec des filles, il y a toujours une énergie étonnante, toujours. Pour moi, musicalement mais pas uniquement, c’est un peu mon Yin et mon Yang.

 

Pourquoi prends-tu les photos de ton lit d’hôtel en tournée, que tu mets sur certains réseaux sociaux !? Quel est le message ?

Le lit de ma chambre d’hôtel est l’endroit où je suis en sécurité lors d’une tournée. C’est le seul endroit où je suis seul et où j’ai un peu de temps pour moi. J’ai toujours été fasciné par les lits des hôtels, j’aime leur poésie et leur magie. La première photo, je l’ai faite alors que je quittais la chambre avec mon appareil photo, mais pas mon téléphone, et puis j’en ai fait quelques autres et j’ai trouvé dans ces images beaucoup de poésie puis j’ai commencé à les publier sur les réseaux sociaux. Ce qui est beau c’est que chacun s’imagine une histoire en regardant ces photos et tout le monde voit ou pense à quelque chose de différent, certains imaginent une folle nuit d’amour, d’autres des choses complètement différentes, simplement en regardant un lit défait. À quoi on pense quand on voit une de ces photos ? Pour moi c’est aussi la répétition de la même action, et la façon dont chaque photo n’est pas tout à fait la même. J’aime bien garder une trace de ça.

 

Puisque l’on parle de photo ? Tu nous fais un selfie ?

Pourquoi pas

 

The Legendary Tigerman, en concert chez nous le 15 mars 2019 [+ d’infos]