Portrait de Hélène Turek

Pour faire le portrait d’Hélène, une abonnée de L’Aéronef, nous avons sorti le grand jeu. Profitant de sa venue au concert de Mademoiselle K le 05 décembre dernier, nous l’avons conviée à un repas en backstage pour une discussion fort sympathique dans notre espace de catering (lieu de restauration pour les artistes et les techniciens). L’occasion pour nous de la rencontrer en toute convivialité et pour Hélène l’occasion de voir un peu l’envers du décor. Se retrouver par hasard à table à côté du guitariste de Mademoiselle K et bavarder avec lui de Pink Floyd, ça n’arrive pas tous les jours.

 

Hélène est du Nord, enfin presque, elle est née et a vécu les deux premières années de sa vie à Orléans, mais ça ne compte pas. Longtemps Villeneuvoise, elle réside depuis quelques années à Lille dans le quartier de Wazemmes. Férue de musique, de cinéma et d’expositions, elle connaît bien les lieux culturels de la métropole qu’elle fréquente assidûment. Âgée d’une quarantaine d’années elle a fait le choix de ne pas avoir d’enfant. Les sorties culturelles font partie de son quotidien et occupent une belle place dans son temps-libre.

 

Hélène est donc abonnée de L’Aéronef, du Grand Mix aussi, ce qui ne l’empêche pas d’aller voir des concerts dans d’autres lieux comme le Biplan, la Péniche avant, un lieu qu’elle aimait beaucoup, et aussi dans les bars tel le caf&diskaire pour n’en citer qu’un. La musique l’a toujours suivie, depuis qu’elle est toute petite. Son oreille s’est évidemment forgée avec les goûts de ses parents. Rock 70’s pour son père (Creedence, The Who, The Rolling Stones…) mais aussi chanson française (Higelin, Dutronc, Antoine, Souchon). Plutôt pop anglaise et new wave côté maternel (Tears for Fears, Vangelis, Paul Young…). D’ailleurs elle a longtemps cru que le morceau Love will tear us apart était de Paul Young, c’est comme ça qu’elle a découvert un jour par hasard Joy Division, croyant qu’ils reprenaient ce morceau !

 

C’était au début des années 90, elle était alors étudiante et passait beaucoup de temps à écouter et à découvrir de la musique. Les Smiths par exemple : un grand regret de ne pas les avoir vus en live, mais elle est allée écouter Morrissey à l’Olympia quand même. C’est d’ailleurs grâce aux Smiths qu’elle a rencontré, spirituellement parlant, son gourou musical : Bernard Lenoir, lors d’une émission spéciale qui leur était consacrée sur France Inter. Elle a forgé sa culture musicale grâce à lui. Pulp par exemple, ou encore Pavement, un de ses groupes préférés qu’elle a d’ailleurs vu à L’Aéro.

 

Hélène a assisté à de nombreux concerts ici, il faut dire qu’elle fréquente le lieu depuis 1995, année de l’arrivée de L’Aéronef dans les hauteurs d’Euralille. C’est sa première salle de concert, avec Le Splendid, et Hélène a vu le lieu évoluer au fil des ans, d’une « simple salle de concert » à un véritable « lieu convivial, de culture et d’échange». Qu’il s’agisse des expositions qui jalonnent les espaces, les divers aménagements comme la cour extérieure récemment, et aussi le nouvel espace club qu’elle affectionne particulièrement pour son côté intimiste et la proximité avec les artistes. « Ça va dans le bon sens ». Merci Hélène, on y travaille tous les jours.

 

D’ailleurs depuis environ trois ans, Hélène vient vraiment régulièrement à L’Aéro parce que la programmation lui plaît énormément. Des « vieux groupes » comme Gang of Four, Mudhoney, Peter Hook (voir ¼ de Joy Division et mourir). Et aussi de belles découvertes, Allah-Las, ou encore White Hills qu’Hélène avait entendu dans le film de Jarmusch Only lovers left alive.
« En parlant de musique on découvre toujours des choses en rapport avec ce qu’on aime ».

 

Pendant environ dix ans, Hélène travaillait dans une industrie de pâtisserie en tant qu’assistante qualité en agroalimentaire, puis après une tentative infructueuse de créer un salon de thé culturel avec sa soeur, elle s’est dirigée vers l’intérim pour sa flexibilité, laissant progressivement derrière elle la partie qualité pour préférer des missions de gestion de projets principalement dans l’informatique. Découvrir à chaque nouvelle mission un environnement de travail différent, rencontrer des personnes, et devoir faire l’effort de s’adapter. Voilà qui contribue à son épanouissement. C’est l’envie de découverte qui l’anime, qui maintient sa curiosité en éveil, comme pour la musique d’ailleurs. Hélène se réabonne à L’Aéronef chaque année automatiquement, avec l’assurance de trouver son compte dans la programmation entre valeurs sûres et nouveaux talents.

 

Si comme Hélène vous aimez la musique, si comme Hélène vous aimez L’Aéro, gardez l’appétit, et comme elle, continuez à aller à la découverte, il paraît que ça rallonge l’espérance de vie.

 

Deux souvenirs marquants à L’Aéro :
– Gus Gus (08/11/1997) : fin de soirée electro avec Locust, Crustation, Adam. F, Finley et d’autres. Plus qu’une cinquantaine de personnes en salle, assises au sol en train de cloper (autorisé à l’époque). Une ambiance géniale, une sorte de communion dans le genre Woodstock.
– Sigur Rós (10/11/2000) : elle connaissait deux-trois morceaux entendus chez Bernard Lenoir. Ça lui plaisait mais sans plus. Scotchée dès le premier morceau, emballée, transcendée, emportée, hypnotisée au point de ne même pas pouvoir applaudir. Une émotion unique plus jamais ressentie avec autant d’intensité depuis.