RICHARD BELLIA « Un œil sur la musique »

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RICHARD BELLIA : LE VIF ARGENT

Par Bertrand Lanciaux

 

« Un connard, une feignasse », d’emblée le ton est donné lorsque l’on demande à Richard Bellia de dresser son auto-portrait. Autodérision, provocation mais surtout exigence nourrissent nos échanges. Richard Bellia est à l’aise avec le live et la langue. L’homme a tâté de la radio, de l’écriture, ses déclarations sont d’authentiques banderilles et une fois le contact noué, ça étrangle ou l’amitié se lie. Richard Bellia est un franc-tireur. Exclusivement en argentique. Quand on le cherche sur une éventuelle posture à ce sujet, ça ne rigole plus. «Ça me fout les boules jusqu’à terre, de voir tous ces gens, parfois talentueux, se gourer de support. Toutes ces firmes technologiques qui méprisent l’art et les gens. Le numérique c’est bien pour vendre sa guitare sur le Bon Coin. Mais en photo, au final ce qui compte c’est le bout de papier. Ce qui restera une fois le baratin éteint, le contexte passé…Là tu te rends compte de l’importance de la pellicule, du laboratoire, du tireur… ». Ce type de position ne lui vaut pas que des amitiés dans la profession. Ça tombe bien ce n’est pas un professionnel. Nous laissant le soin de dire que c’est un artiste. Si ses photos ont illustré les grandes heures de titres comme Libération, Les Inrockuptibles, NME, Melody Maker…Richard Bellia ne se revendique pas photo-journaliste. Photographe en goguette, point barre.

 

Sa double passion pour la musique et l’argentique, Richard Bellia la conjugue à Longwy. La lecture de Best et Rock’n’Folk, l’écoute assidue de l’émission Poste Restante de Jean-Bernard Hebey sur RTL, les concerts à Metz, Nancy et au Luxembourg et puis le club photo du collège. 14 ans en 1976, The Clash dans un champ de Moselle pour sa majorité. Hebey et son jeune programmateur  Zeguth invitent The Cure en studio et participent à la résurrection de Bashung. « Toute cette énergie, cette fraîcheur et ces clichés dans les magazines m’ont définitivement convaincu que c’était un job qui avait l’air pas trop chiant et qui pourrait convenir à un type comme moi ».

 

Découvrir plutôt que suivre. Ce ressort est toujours en action. Mais pas de mécanisme ni d’automatisme. Pour un artiste de la génération post-punk, Richard Bellia n’a pas suivi la voie imposée : fanzine, pochettes de disque…. Rapidement, ce fils d’ouvrier qui a vu son père construire sa maison en alternant les trois-huit a senti la nécessité du labeur et de l’autodidactisme. Pas d’école d’art. C’est au sein de l’agence parisienne Mephisto, spécialisée en photos jazz, que Richard Bellia fera ses classes. « Engueulades et des coups de pied au cul, mais avec des gens généreux, soucieux de la qualité du boulot et du choix du matos. » Désormais c’est l’agence Dalle qui se charge de promouvoir et vendre les photos de Richard Bellia. Certaines ont fait le tour du monde : The Cure évidemment, mais aussi Nirvana, Bowie, Zappa… et surtout les marges et courants musicaux ayant émergé de 1980 à mercredi dernier. Rock, pop, rap, electro jusqu’aux tréfonds de l’underground, en live, hors-scène ou posé, Richard Bellia trempe toujours son objectif dans la sueur des scènes musicales les plus excitantes.

 

Actuellement, ce qui fait vibrer sa rétine ce sont les chiens fous de Fat White Family, la belle paire de Sleaford Mods, et toujours un oeil sur la scène française avec une mention spéciale pour La Colonie de Vacances et Ropoporose. Encore à la page, le Bellia vient d’achever avec bonheur un crowdfunding pour publier un album retraçant 36 ans de photo. Parmi les premiers contributeurs, Richard est tombé de l’armoire en apercevant le nom de Jean-Bernard Hebey. Comme quoi.

 

« Le temps est une pute. Quand je vois que l’ensemble de mes négatifs tient en sept ou huit classeurs. Qu’est-ce que j’ai foutu ? ». La réponse sera contenue dans ce livre de plus de cinq kilos. Un ovni dans le monde de l’édition enfin visible et en vente, lors du vernissage de cette grande exposition rétrospective. Rien à voir avec une opportunité promotionnelle. Cette carte blanche pour chambre noire est une première dans le parcours du photographe. L’Aéro et Bellia de mèche, ça promet quelques belles détonations. Ouvrez les yeux et les oreilles car avec Bellia les deux sont intimement liés, même si c’est toujours le « bout de papier » qui doit l’emporter, au-delà du brouhaha de l’époque. Loin de l’idolâtrie ou de la vieille madeleine, finalement la star c’est la photo. Et Richard Bellia également. Pas du tout un connard et encore moins une feignasse. Définitivement, un mec dont il vaut mieux croiser le regard.

 

 

« Un œil sur la musique », recueil photographique de Richard Bellia, est désormais disponible. Édité de manière indépendante par son auteur, L’Aéronef enfile temporairement l’habit de Libraire. Pour l’acheter, passez en billetterie aux horaires d’ouverture ou contactez nous. 130€, hors frais de port.

 

N.B : attention, la bête ne pèse pas moins de 5 kilos !

 

Le photographe Richard Bellia est l’artiste associé de la saison 2016-2017 de l’Aéronef. Une occasion privilégiée de bénéficier des talents et ressources d’un artiste qui a toujours eu un œil et une langue très aiguisés sur la musique, la photographie, les artistes, la vie. A l’affût, Richard Bellia ne manquera pas de nous surprendre à travers une exposition rétrospective inédite, des workshops, la sortie d’un ouvrage qui fera date, l’installation d’un labo, des propositions artistiques… La patte et la griffe Bellia pour une saison hors-cadre.

 

 

Nouvel ère pour les workshops par Richard Bellia

Aux premiers rangs ou dans la fosse, les photographes de concert shootent sans relâche (et sans flash) à la recherche de la photo parfaite ! Tout un art que d’immortaliser un instant de scène malgré la pénombre de la salle et de composer avec le plan de feu, les danses endiablées des artistes et la foule en délire…

Novices ou photographes amateurs, essayez-vous à l’exercice au côté de Richard Bellia !

3 ateliers autour de la prise de vue en condition live :

– dimanche 2 avril à 17h sur le concert de Sarah Murcia – Never Mind The Future + Jérémie Ternoy Trio

-vendredi 5 mai à 19h sur le concert de The Monsters + The Devils

-samedi 24 juin de 9h à 17h pour un atelier prise de vue, développement et tirage

Tarif : 60 euros

Renseignements/Inscriptions : c.bruggeman@aeronef-spectacles.com 03 20 13 50 18