ARNO

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    ARNO

    “Brussld” c’est le 18ème album d’Arno à son nom, le premier pour Naïve. Un titre qui frôle l’évidence, direz-vous. Et pourtant… D’accord, depuis toujours, on pense “Arno, c’est Bruxelles”.
    Et si c’était plutôt “Bruxelles, c’est Arno” ? Si c’était l’homme qui définissait la ville ? Évidemment, il y a d’implacables précédents pour bruxeller Bruxelles. Mais après tout l’école flamande était riche de talents flamboyants cultivant la variation sur une même lande…
    Ça fait donc pas loin de vingt disques qu’Arno quadrille son pré carré bruxellois en tous sens pour en extraire, comme une substantifique moelle, du jus de vie. Du “jus de box”, c’était d’ailleurs le titre d’un récent opus, symbole de son bilinguisme assumé franco-english. Au réducteur voire vain corps à corps schizophrène flamand-wallon, Arno préfère voir ou, mieux, écouter Bruxelles en quatre quarts, français-flamand-anglais-arabe. Ces quatre langues forment la B. O. de ses dérives nocturnes, comme une extension du domaine de la life, en somme.
    Depuis TC Matic, l’éructant combo rock de ses débuts, entre 77 et 80, Arno sème ses instantanés en soufflant sur les plaies du quotidien avec une jouissance salvatrice, sorte de Till l’Espiègle de l’urbanité cabossée.
    (…)Quand il s’attaque à la confection d’un disque, Arno ne se retourne surtout pas, il déteste être confronté au passé, la nostalgie n’est pas son fond de commerce. En effet, le même trottoir ou le même bar recèlent leurs trésors d’inspiration différents, selon l’heure.(…) Et il y a Ze reprise du disque de l’album, “Get up stand up”, déchirante et titubante qui s’agrippe au piano. Arno commente : « c’est la crise partout. Je l’ai chanté pour défendre des employés sur le point d’être virés. Histoire de fierté. Mais je ne peux pas faire du reggae, moi, je mange du fromage ! Donc c’est Marley revisité Chopin ».
    C’est un fait, dans la vie de notre homme, il n’y a pas que Bruxelles. Rappelons-nous qu’il est un acteur occasionnel mais remarqué, notamment dans “J’ai toujours rêvé d’être un gangster” de Samuel Benchetrit (2008). Arno a aussi exercé l’éphémère profession de cuisinier dans les années 80, au service exclusif du soul brother Marvin Gaye, à l’époque (de “Sexual healing”) exilé à Ostende. Des tranches de vie qui alimentent aussi sa petite musique.
    Mais, parce qu’on y revient, “Brussels”, toujours… la chanson titre où cohabitent “Linda, Mustapha, Jean-Pierre, Fatima, Michel et Paul, le cerveau de Dieu, les flamands et les wallons, you and me and Mr. nobody (…) Dancin’ in the street of Belgium (…), l’union fait la force, après nous les mouches, l’oignon fait la force, vive les moules”… Et si Arno était aussi un invétéré optimiste se ressourçant à la destinée de son improbable capitale ? Décidément, il y a de la flamme dans cet homme… Place de Brouckère, tout le monde descend… – Rémy Kolpa Kopoul (Radio Nova)