BILL CALLAHAN + Sophia Knapp

  • BILL CALLAHAN

    Si vous cherchez un artiste susceptible de mettre une ambiance de folie à la communion du petit, un chanteur qui va vous faire taper dans les mains et vous décrisper les zygomatiques, vous pouvez immédiatement noter le nom de Bill Callahan. Pour vous assurer de l’éviter à tout prix.
    Avec son timbre de baryton imperturbable, ses compositions ascétiques et son humour très noir, cet américain incarne, depuis le crépuscule des années 80, l’archétype du songwriter misanthrope aux nerfs fragiles. D’abord connu sous le nom de Smog, Callahan apparut en pleine explosion de la vague lo-fi/folk de traviole, côtoyant d’autres joyeux mirlitons tels que Lou Barlow (Sebadoh, Sentridoh, Folk Implosion) ou Will Oldham (Palace, Bonnie ‘Prince’ Billy). Au menu : auto-dépréciation, jalousie et idées noires. Mais qui a dit que c’était avec de bons sentiments qu’on faisait de bonnes chansons ?
    Au fil des années, la musique de notre ami névrosé s’est faite un peu moins branlante, sa voix un peu plus assurée, la qualité des enregistrements beaucoup plus soignée… Des témoins jurent même avoir entendu, sur de récents albums, quelques notes qui trahiraient un semblant de quiétude ou de joie. Un homme heureux, le Bill ? Pas facile à dire… En attendant, épanoui ou pas, notre homme fait le bonheur des amateurs de folk patiné. Il remonte ces jours-ci sur les planches, la guitare à la main et un nouvel album au titre plein d’optimisme (« Apocalypse ») sous le bras, donnant suite à son bouleversant « Sometimes I Wish We Were An Eagle ».