GET WELL SOON + MUSEE MECANIQUE

  • Musée mécanique

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    Musée Mécanique – Like Home from Souterrain Transmissions on Vimeo.

    Get Well Soon

    http://www.myspace.com/youwillgetwellsoon

    Nous accueillions en mai dernier le pâle Konstantin Gropper, ce jeune teuton diplômé en philosophie qui provoquait la pâmoison chez les critiques avec un magistral premier album publié sous le nom de Get Well Soon. Malgré la sincérité de ses voeux (« Get Well Soon » signifiant, rappelons-le, « retape-toi vite »), nous eûmes grand mal à nous remettre de cette visite, qui avait confirmé le diagnostic du disque : nous tenions bien là un nouveau maître de la pop mélancolique, dans la veine de Divine Comedy ou du Radiohead le plus majestueux, dont nous aurions désormais grand peine à nous séparer. C’est donc avec une authentique joie que nous venons d’apprendre la parution d’un nouvel album, intitulé « Vexations », resplendissant joyau de spleen orchestral, prétexte à une nouvelle tournée qui passe fort heureusement par nos septentrionales contrées. Le garçon s’y montre plus ténébreux et inspiré que jamais : Ne manquez donc pas l’occasion de venir le découvrir ou de vous faire administrer une piqure de rappel.

    « vexations » vu par Charly

    Get Well Soon – Vexations

    Cet allemand, au nom de peplum, m’avait laissé sur un excellent souvenir. Un album semi éponyme Rest Now, Weary Head! You Will Get Well Soon, qui sortait de nulle part et au sein duquel j’aurais eu tort de ne pas plonger, tant cette pop malicieuse, pointue mais aussi virevoltante qu’une brindille prise dans une tempête, m’a fait du bien. Le jour de la première écoute, je me sentais guéri de ce fichu Arcade Fire Syndrome, que je ne connaissais même pas alors. Cette fâcheuse habitude à tout rattacher aux canadiens s’était juste envolée. Konstantin est un solitaire, un rebelle, mais ne sort pas d’un blockhaus. Philosophe, il a été primé pour certaines de ses compositions « classiques », et a un véritable talent pour l’écriture. Il s’y connait en bon goût. Des pochettes d’une sobriété décapante, comme si on avait arraché le cœur de nos grands-parents en retirant le papier-peint de leur chambre pour la mémoire. On se souvient et on regrette certains titres de chansons qui résonnaient comme des haïkus : Si ce chapeau a disparu, je suis parti chassé ; Aidez à prévenir les feux de forêt ; J’ai vendu mes mains pour de la nourriture, alors s’il vous plait nourrissez-moi ; Nous sommes en sécurité à l’intérieur, pendant qu’ils brûlent notre maison. Pour ce qui est de la musique, dans ce second album, même si elle semble avoir volontairement, mais pas totalement, laissé sur le bord du chemin la part d’épique qui s’était jetée sur moi comme un chien affamé, sa particularité reste vibrante : un lyrisme déprimant mais bouleversant qui nous rappelle Syd Matters si Elliott Smith était mort-né. Une bonne bouffée d’intimité, puisque maintenant Konstantin semble avoir trouvé de vrais amis, des fantômes, des romains, encore libres.