IGNATUS

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    « Coeur de boeuf dans un corps de nouille » : c’est ainsi que se décrivait Ignatus dans son album du même nom paru en 2004. Cultivant l’autodérision comme d’autres leurs courgettes, ce chansonnier pince-sans rire s’est fait connaître pour ses réjouissantes prestations scéniques, oscillant entre bossa sommaire, hip-hop à lunettes et comptines absurdes. Les amateurs de pop francophone connaissent toutefois Jérôme Rousseaux depuis belle lurette. En effet, au crépuscule des années 80, à la tête du groupe Les Objets, il fredonnait déjà des textes d’une simplicité audacieuse sur des chansons élégantes, qui transposaient dans la France de Gainsbourg et Prévert les codes d’une certaine pop anglaise à guitares (Smiths, Woodentops, Monochrome Set, Housemartins,…). Parti en solitaire après la séparation du groupe, Jérôme s’est vite construit un nouveau personnage sous l’identité d’Ignatus, un bonhomme faussement normal, volontiers grinçant sous des dehors avenants, qui chante sur de singuliers tapis de samples ou de délicats arpèges de guitare. Une douzaine d’années et quatre albums plus tard, l’animal se porte à merveille, discret mais pugnace, taillant sa route sans attendre qu’on lui indique le chemin. Porté par le succès de son récent 45 tours virtuel (le fameux « Pisser dans l’herbe »), ce digne descendant de Vian présentera cette fois un concert tout particulier qui conclura un travail de plusieurs mois en partenariat avec l’Aéronef. On aura l’occasion d’y entendre, en dehors de son répertoire habituel, le fruit de quelques unes de ses récentes rencontres lilloises dans le cadre des « Escales de l’Aéronef ».