WILD BEASTS + GEOFF MENDELSON

  • Geoff Mendelson

    http://www.myspace.com/geoffmendelson

    www.exenova.com/spasmodic-block

    Wild Beasts

    www.wild-beasts.co.uk

    http://www.myspace.com/wildbeasts

    On ne peut découvrir les Wild Beasts sans être immédiatement frappé par le falsetto exubérant de leur chanteur Hayden Thorpe et le caractère mélodramatique de leurs compositions. Malgré cette propension à la démesure, on se surprend très vite à adhérer à leurs chansons alambiquées et à fredonner sans y prendre garde leurs mélodies contagieuses. Apprivoisant cette intimidante préciosité, on décèle progressivement l’élégante ironie, la délicieuse excentricité nichée dans le travail de ces quatre dandy Anglais. Au point de ne finalement plus pouvoir se passer de Two Dancers, leur récent album, accessible et flamboyant comme du Coldplay mais gracieux comme du Jeff Buckley.

    une session live sur Pitchfork TV, dans la Cave à Jean…

    La Chronique de l’album « Two Dancers » par Charly :

    Wild Beasts – Two Dancers

    Peut-être est-ce obscène de faire un parallèle ambigu entre Wild Beasts et Hercules And Love Affair ? Pourtant je ne peux m’empêcher de retrouver, tout au long de ces 10 titres « parfaits », l’ombre des sentiments ressentis lors de la première écoute de Blind : La voix enchanteresse d’Anthony + la disco. Wild Beasts n’est pas un groupe-à-danser mais parvient par son audace à décomplexer quiconque aurait dit non aux boîtes de nuit pour privilégier les petites chambres d’hôtel miteux. Et vice-versa. Frais ? Naturaliste ? Ces termes sont juste trop faciles pour décrire un album qui échappe à tous les qualificatifs courants de la pop. Casanier car cet album ne donne pas envie d’aller voir ailleurs. Préférez une écoute en boucle à la pluie qui tombe dehors. Hiératique, car plus que divine cette musique descend des cieux. Moelleux, car on y fond plus volontiers que dans la plus délicieuse des mousses au chocolat. Tactile, suivez vos bas instincts. Vulnérable, ça leur va tellement mieux que « sans prétention à-priori » et c’est plus court aussi. Viral, car insaisissable autant que léger, fantasmatique et sensuel.

    Le compte-rendu du concert par Charly

    Wild Beasts

    En voilà un nom qu’il faut adosser avec panache quand on est de petits londoniens jouant de la pop music. Bêtes Sauvages. Ca me rappelle, à Bricklane, tous ces groupes aux noms improbables programmés au 93 Feet East. Un nom c’est une vitrine, c’est aussi une façon d’être en devenir. Il n’y a que Wild Beasts qui pouvait s’appeler Wild Beasts.

    Faites vos choix, Huer ou Hurler? Moi je gémis, ma gorge s’ouvre et les sons s’en échappent, alors qu’une panthère bondit sur sa proie, une gazelle qui slaloment entre les hautes herbes, le vent de face comme une barrière. Je suis pris au piège, je m’accroche au bonnet du beau mâle comme à la crinière du lion, mais la fumée me sort des oreilles. Il fait chaud, il faut se déshabiller. Comment rester civilisé, ce spectacle est un safari, mes yeux balaient le paysage, tout y est nouveau.

    La pop audacieuse de Wild Beasts, 4 anglais auteurs d’un chef d’œuvre contemporain, convie autour d’une table les guitares dissonantes du shoegaze, les rythmiques post-tribales (en live, post-disco en studio) accentuées par l’usage abusif, néanmoins jouissif de la cowbell, et les envolées lyriques de la gay pop des 80s. On s’amuse avec la nourriture, on se jette le vin au visage. Les traditions n’ont plus de raison d’être, c’est le corps qui se lâche. Wild Beasts c’est une découverte, on peut ne pas saisir son sens profond, et se réveiller, le lendemain, perdu au milieu d’une forêt, nu, se lever et être soudain émerveillé par la façon qu’ont les rayons du soleil de se séparer entre les branches des arbres.