Chronique de disque : ACID ARAB

ACID ARAB

Jdid

(Crammed Disc)

En concert chez nous le 24/01

 

Après Musique de France paru en 2016, les membres d’Acid Arab reviennent et signent leur deuxième opus, Djid. Le mix parfait entre la techno de Detroit et musique maghrébine, le tout saupoudré d’acid house. Une jolie rencontre entre une électro épurée et des sonorités orientales. Sorti le 18 octobre 2019, Djid signifie « neuf » ou « nouveau » en Arabe. Le collectif franco-algérien a justement fait peau neuve en accueillant dans ses rangs une nouvelle recrue, Kenzi Bourras. Ce talentueux claviériste fait maintenant partie intégrante du projet. Il rejoint le duo originel Hervé Carvalho et Guido Minisky, les co-fondateurs parisiens et DJ du groupe. Les trois hommes affinent encore un peu plus leur style et incarnent un genre musical bien à eux. Ils créent un pont entre les deux rives de la Méditerranée en se nourrissant d’influences multiples.

 

Une dizaine d’invités de renom

 

Leur album compte 11 titres efficaces et sans frontières, enregistrés au studio Shelter, niché au cœur de Paname. Aussi fluides que cohérents, ils sont aussi marqués par la variété et la richesse des featurings. La longue liste des artistes ayant collaboré fait voyager. Elle nous emmène jusqu’en Syrie avec Rizan Said, en passant par la Turquie de Cem Yildiz ou l’Algérie de Sofian Saidi et Amel Wahby. On part aussi dans le désert touareg aux côtés des Filles de l’Illighadad. Bref, une myriade de guests prestigieux dont le savoir-faire et la culture se marient à merveille avec le son électro travaillé d’Acid Arab. À chaque morceau son histoire, et sa rencontre.

 

Un mariage entre techno et raï

 

Le disque s’ouvre sur l’envoûtant Staifia, porté par la voix entêtante de Radia Manel. Une belle entrée en matière, qui s’enchaîne avec le très techno et dansant Électrique Yarghol. Gros coup de cœur pour ce beat frappeur mêlé à du arghoul, sorte de double hautbois venu d’Égypte. Musique industrielle et instrument traditionnel se côtoient pour produire un son très percutant. S’ensuit également l’accrocheur Club DZ, qui invite à la transe. Avec le plus sombre Was Was, ce sont les deux seules tracks n’ayant pas bénéficié de collaborations. Du pur Acid Arab donc. Malek Ya Zahri, le dernier titre de l’album, se détache un peu du reste. Il nous fait faire un bond dans les années 80. Les paroles, écrites par Kenzi, sont interprétées par la chanteuse de raï Cheikha Hadjla. Il conclut ce disque résolument club, qui nous transporte dans une rave en plein désert saharien. L’électro orientale de Djid nous conduit tout droit vers des contrées lointaines et ensoleillées. Ce périple musical est le bienvenu en attendant nos futures vacances d’été.

 

Olympe Bonnet