Chronique de disque : BAXTER DURY

BAXTER DURY
Prince of Tears
(Pias)
En concert chez nous le 06/03

 

Un homme en smoking blanc, tentant d’escalader la dune d’un désert, fuyant on ne sait quel destin… Le ton est donné dès la photo ornant ce très bon nouvel album de Baxter Dury. Une œuvre sur la rupture et non de la rupture. Plaqué, Dury pète sa durite sans se répandre en incontinence. Faire œuvre de débris, l’élégance de la chute propre au dandysme irrigue cet album. Épaulé par le producteur Ash Workman (Christine & The Queens, Metronomy), la Pipettes Rose Elinor Dougal, le Sleaford Mods Jason Williamson et même le retour de Madelaine Hart ; non Baxter t’es pas tout seul. Les saynètes s’enchaînent, passant du groove au grave, jamais égo-centrées ou larmoyantes. Le canon du sarcasme sur la tempe, le désespoir procure une belle énergie. Le rire grinçant du mâle écorné le rapproche un peu plus d’un Robyn Hitchcock, des chants magnétiques de Stephin Merritt et même des fulgurances solo de Captain Sensible, mais là c’est personnel. Car ce Prince of Tears est avant tout une affaire personnelle à portée universelle.

Bertrand Lanciaux