Chronique de disque de Pone

La page Discogs de DJ Pone file le vertige. Ces vingt dernières années, le natif de Meaux n’a pas chômé, un pied dans le rap, l’autre dans l’électro. Citons, dans le désordre, les Svinkels, Birdy Nam Nam, Fabe, Casseurs Flowters, Matmatah, La Canaille, Qhuit… Après quelques sorties éparses (le projet SARH, en tandem avec José Reis Fontao, ou l’EP Erratic Impulses, chez Ed Banger), Thomas Parent se renomme simplement Pone et se réinvente en producteur sensible et lumineux. Bien entouré (un coup de main de Superpoze et Boogie Vice, des featurings de Sage, Louisahhh!!!, Jaw et Isles), Pone signe pourtant une œuvre profondément personnelle. Cette electronica introspective, fine et aérienne, s’enrichit de piano et de hautbois. On songe parfois à James Blake à l’écoute de ce cocon paradoxal : un album totalement actuel (ce traitement des beats, cette façon de mixer les sons…) et complètement intemporel, la mélancolie se fichant bien des époques.

Thibaut Allemand