Chronique de disque de Sharko

Ce septième LP de Sharko s’impose tout simplement comme l’un de ses meilleurs. Le meilleur, sans doute, depuis Feuded, paru en 1999 chez Les Disques Mange-Tout (oui, le label de John Cunningham, Bright Eyes, M. Ward…). Marqué – entre autres – par la crise de la quarantaine (When I Was Your Age prend à partie… Justin Bieber !), ces chansons ne donnent jamais dans le jeunisme.

Ils sont nombreux, les godelureaux de vingt balais qui vendraient père et mère pour signer un morceau tel You Don’t Have To Worry, tube implacable et immédiat qui donne son titre – et le ton – à l’album. Entre pop songs tombées du ciel (Waterloo, Shalaine), échappées plus terrestres (le doublé guitare-basse de Galileo) ou folk déviant (Woody), nos quatre Belges serpentent, se promènent, glissant dans chaque chanson une étrangeté impossible à égaler. Sharko est sans doute l’un des groupes (belges) les plus passionnants de ces quinze dernières années. Et le prouve encore, s’il le fallait.

Thibaut Allemand