Chronique de disque de Vitalic

Voici une quinzaine d’années, Vitalic se faisait une place de choix sur la vaste place des maîtres techno en quelques bombes dont les fragments brûlent encore : Poney, la Rock 01… En 2016, le désormais quadra n’écoute pas uniquement du 4/4, et signe un disque à son image : gavé d’antiques synthés analogiques, ouvert, généreux, les deux pieds sur la piste mais l’esprit un peu ailleurs. Oh, on ne doute pas qu’il retourne un dancefloor l’air de rien – il suffit d’écouter Levitation, qu’apprécieront les fans de Torb, ou la rétrofuturiste Lightspeed – mais le Dijonnais peut également évoquer Depeche Mode avec l’aide du timbre suave de David Shaw (Waiting For The Stars). D’autres invités sont présents, tel que Miss Kittin (un Hans Is Driving très Mute des débuts) ou le parisien Mark Kerr (pour l’efficace Use It or Lose It). Mais le moment de grâce est atteint avec Eternity, dont le piano élégiaque touche en plein cœur. Et puis, un type qui reprend Don’t Leave Me Now de Supertramp (ou quoi que ce soit de Supertramp, en fait) aura toujours notre affection.

Thibaut Allemand