Chronique de disque : DOMINIQUE A

Dominique A
Toute Latitude
(Cinq7/Wagram)
En concert chez nous le 12/04

 

 

Dominique A voit double. Par souci de ne pas soûler son public ou de s’enfermer dans une routine, Dominique A sortira donc deux albums aux climats bien distincts, articulés à deux tournées différentes. Avant La Fragilité à paraître à l’automne, Toute Latitude est donc le premier pôle dévoilé par un artiste plus complexe que binaire. Sous cette latitude, les courants électriques et impulsions electro font corps avec le texte face aux vents mauvais. Loin d’être un simple appareillage, cette musique assez directe semble influer sur une écriture percussive. Dominique A utilise ici son « stylo à bile » pour plusieurs tableaux assez sombres. La pointe est sèche, le propos rêche, mais l’inspiration toujours féconde, y compris dans les correspondances littéraires : Dominique Fabre, André Dhôtel, Anne Dufourmantelle (cf L’Obs). Nullement expéditive, la mélancolie, omniprésente, s’y exprime tantôt dans une forme d’urgence surgissant du fantastique, ailleurs la parole prend le pas sur le chant et révèle un autre Dominique A. Toute Latitude n’est pas un album d’équilibriste ou de funambule, pour échapper à l’impasse le quinquagénaire Dominique A s’offre un boulevard. Dans le noir, sans fard.
Bertrand Lanciaux