Chronique de disque : FRENCH 79

FRENCH 79

Joshua

(Alter K)

En concert chez nous le 14/02

Disponible dans les bacs depuis novembre 2019, Joshua fait suite à Olympic, le premier album de French 79. Trois ans après le tome I, le quadra marseillais également producteur revient avec un disque à l’univers futuriste. Il fait divinement fusionner électro et pop. Simon Henner de son vrai nom s’est d’abord fait la main au côté de Kid Francescoli et du groupe Nasser. En solo depuis 2016, il dévoile non pas l’album de la maturité, mais plutôt celui de son adolescence. Cette période de son existence est aussi celle de sa construction musicale. Elle s’inscrit comme fil rouge de Joshua. Les années 80 et 90 sont donc mises à l’honneur sans pour autant tomber dans le kitsch, loin de là.

Le retour d’un duo captivant

Les 13 morceaux racontent une histoire et s’écoutent d’une seule traite. Avec des faux airs de Kavinsky, ce disque n’est pas sans rappeler la bande originale du film Drive. D’ailleurs, on s’imaginerait bien les mains sur le volant à rouler au hasard dans la nuit, au rythme des machines et des synthés de French 79, avec quelques notes rétro. Sur deux de ses titres, on peut entendre la sublime voix de Sarah Rebecca. Les fans se souviendront que le tubesque Diamond Veins, figurant sur Olympic, associait déjà ce savoureux duo. Comme on ne change pas une équipe qui gagne, l’artiste l’a de nouveau invitée. Cette fois pour Touch the Stars et By Your Side. Ce dernier a fait l’objet d’un clip plein de néons, où les deux amis errent à mi-chemin entre l’illusion et réalité. Un véritable hymne à l’amitié sous fond de pop.

Entre électro et science-fiction

The Remedy, qui introduit cet opus, annonce la couleur. Il y pose sa voix toute en délicatesse sur une musique électronique entêtante, aux allures de science-fiction. Mention spéciale pour Code Zéro, un titre techno et totalement composé comme une musique de SF. Louise and Thelma, plus mélodieux et serein, exprime la mélancolie de French 79 tout en délicatesse. Le très planant Hometown reste sans doute son plus grand succès. En bon teasing de l’album, le clip a été dévoilé trois mois avant la sortie de Joshua. Les synthétiseurs énergiques de Panavision referment cet album harmonieux. D’autres morceaux plus sombres, tels que 4807 ou encore Sailling, et ses quelques notes rappelant les Daft Punk, s’entremêlent également.

De par sa créativité et son sens du détail, Simon Henner confirme encore un peu plus sa place de digne héritier de la french touch. Joshua est toute en introspection à découvrir sans hésiter et à écouter dans modération. Les titres s’enchaînent et se combinent prodigieusement pour vous plonger dans un rêve éveillé.

– Olympe Bonnet –