Chronique de disque : L.A. SALAMI

L.A. Salami
The City of Bootmakers
(PIAS)
En concert chez nous le 05/05

 

Sans verser dans le storytelling, la jeune existence de Lookman Adekunle Salami est déjà chargée. Enfance à Pecckham, riante lointaine banlieue du South London, familles d’accueil…Sauvé par une mère courage, la poésie, la musique et l’art en général, le résilient L.A. Salami n’est pas un artiste du déni. S’il préfère le folk et le rock à l’electro, cela ne l’empêche nullement d’être un grand portraitiste de son époque et de tendre des passerelles vers le hip-hop. Brocardant le ridicule branchouille sur Brick Lane ou créant la controverse avec Terrorism ! (The ISIS crisis), L.A. Salami est bien de son époque, faute de s’y sentir totalement bien. Soucieux de ne pas s’enfermer dans le protest-song, ce fan de Dylan autant que de Sleaford Mods apporte un soin particulier aux mélodies. Ce qui est particulièrement sensible sur cet album. La trinité folk-blues-rock est bien présente, mais on s’éloigne un peu plus des canons 60’s/70’s bien évidemment par les textes mais aussi via la modernité des arrangements et la fraîcheur du chant d’un L.A. Salami particulièrement en verve.
Bertrand Lanciaux