Chronique de disque : VIAGRA BOYS

Viagra Boys
Street Worms

(YEAR0001)
En concert chez nous le 13/10

Après plusieurs titres fort remarqués, les Suédois de Viagra Boys remettent le couvert sur un format long et font bien plus que tenir la distance. Emmenés par Sebastian Murphy, frontman d’exception, ces vigoureux garçons se frottent aux reliques du punk et new wave pour recomposer un squelette musical qui n’a rien d’un dinosaure. Une clavicule de Birthday Party, une côte des Rezillos, une rognure d’ongle des Talkings Heads, la bile de the Fall et le mental de Joy Division feraient craindre le nid à poussière mais les humeurs circulant dans ce foutoir sont d’une confondante modernité. Ici le mâle rock dominant brame pour que l’on abrège ses souffrances dans de grandes remontées dance. Ce groove mutant, déviant, bipolaire tout en convulsions et contorsions est autant accrocheur que touchant. Autour, ça s’agite ferme devant ce spectacle. Frontal, facial.

Bertrand Lanciaux