ENTRETIEN AVEC DELUXE

Réalisé par Pauline Régnier

Deluxe a enflammé l’Aéronef cet automne, dans une grande fête débridée et moustachue ; ils aiment le jeu et les défis, et nous aussi ; ils ont aimé le public lillois, et nous, on les a adorés ! On s’est dit « Chiche ! On remet ça ! » et ils ont aussitôt accepté de relever le pari : à vous de nous prouver que ce n’était pas de la folie !!

En attendant de les recevoir pour une deuxième date, et alors qu’ils sont en résidence, le batteur, Kilo, accepte de répondre à nos questions.

 

 

Vous êtes un groupe, au sens fort du thème : la création est-elle collective ? Comment ça se passe ?

Il n’y a pas vraiment de leader, c’est plutôt une espèce de « leader tournant » ; pour la composition des morceaux, soit on compose les morceaux tous ensemble, on s’assoit et ça part, guitare, basse, batterie, et c’est le plus souvent le cas, soit chacun compose un peu de son côté et on arrive avec des morceaux qu’on essaie de réinterpréter avec le groupe, ce sont des idées qui viennent des uns et des autres qu’on va se réapproprier ; un morceau le devient réellement quand tout le groupe y a pris part, le joue, le fait tourner et que ça marche, ça nous plaît à tous…

 

Vous êtes à l’origine un groupe de rue : est-ce que cela laisse des traces ?

 Complètement ! Ça apprend d’abord l’humilité et le sens du public parce que quand les gens sont dans la rue ils n’ont pas payé leur place pour venir te voir, il faut réussir à les interpeller, les garder avec toi ; cela nous a beaucoup aidé, on arrive à mettre une ambiance sur scène, à capter le public et ça c’est important.

 

Passer de la rue à la scène, on y gagne, mais aussi peut-être est-ce qu’on y perd  quelque chose, est-ce qu’il peut arriver d’éprouver une certaine nostalgie?

 Complètement ! On est tellement nostalgique de cette époque là qu’on est déjà en train de réfléchir justement à refaire un petit peu de la rue ; d’ailleurs je ne sais pas si tu as vu sur internet, on essaie de faire des sessions acoustiques Moustache dans des lieux insolites ce qui permet de garder cette simplicité, cette proximité qui nous plaît, il faut trouver le bon équilibre avec les tournées…

 

Justement dans la recherche d’évolution, votre nouvel album intègre plusieurs featurings : est-ce que cela vous a semblé une nécessité ? Et comment se passe dans ce cas la rencontre musicale ? Comment fusionnent les univers ?

Ce n’était pas vraiment une nécessité, l’album était déjà fait, ça s’est fait un peu par hasard : on est des très très grands fans de M et Iam, ce sont des artistes qui nous ont beaucoup touchés, on a eu la chance de faire leur premières parties, pour Iam en Chine et pour M sur des festivals cet été. On est allé les voir, leur demander ce qu’ils pensaient du projet, ils sont venus nous voir jouer sur scène, ça leur a plu, ils nous ont dit « On y va » ; on ne voulait pas faire du M ou du IAM, ils ont intégré nos morceaux, ils n’ont pas choisi la facilité ; ça reste du Deluxe et je pense que c’est pour ça que l’album reste très homogène.

 

Votre groupe possède un visuel très fort : c’est juste une manière de s’amuser ou cela participe à votre avis de l’identité artistique du groupe ?

 Au début ce n’était pas calculé, c’était une cohésion de groupe, et c’est devenu un porte-bonheur ;

C’est plus un kiff, on donne ce qu’on aime… On a de la chance de travailler avec une amie costumière, on s’assoit, on dessine les costumes avec elle, on choisit les couleurs, elle les réalise…

 

Et les chorégraphies ? C’est naturel pour chacun d’entre vous ou certains ont dû s’y mettre ?

C’est quelque chose qu’on aime bien. Là par exemple on est en résidence et on bosse aussi les chorés… On cherche à proposer toujours quelque chose de mieux… C’est aussi quelque chose de complètement partagé, qu’on travaille ensemble… Tout se fait tout le temps ensemble, on est tout le temps ensemble en fait !

 

Dans cet ensemble il y a depuis quelques années la chanteuse Lilliboy , comment s’est passé cette rencontre et qu’est-ce qui a motivé cette évolution ?

Ça s’est aussi fait par hasard, c’est encore notre bonne étoile ! On jouait encore dans la rue et on l’a rencontrée par hasard, elle était aux Beaux-Arts, on a super accroché : je me rappelle encore, on l’a fait venir chez moi dans mon petit studio et on a fait le morceau Pony ; au delà de la musique, on s’est très très bien entendu, on a le même humour, c’est un petit mec, « Lilliboy », on s’entend super bien et c’est ça qui est joli !

 

Vous revenez à l’Aéronef 6 mois après une date mémorable : c’est un défi ?

C’est un super défi car c’est la première fois qu’on recale une date aussi proche, surtout que c’était la première fois qu’on jouait à Lille et que c’était complet ! On flippe un peu mais on y croit, et ça met un peu d’adrénaline !