INTERVIEW DE CHARLOTTE DECROIX

Quel est ton prénom ? Charlotte, Alex ou Annie ? On s’y perd un peu, qui es-tu ?
Charlotte tout simplement ! Alex&Annie c’est mon nom de DJ avec Clotilde Floret que vous connaissez bien (We Are Enfant Terrible). Pour la petite histoire, je suis Alex, elle est Annie, mais on ne sépare jamais les noms, c’est une entité indissociable. J’espère que cela vous semble plus clair désormais. Quand je mixe seule je m’appelle Charlotte, j’aime bien mon prénom alors pas la peine de chercher un pseudo confus. Mais mon activité principale avant d’être DJ, c’est label manager de Her Majesty’s Ship, la maison de disques que j’ai créée en 2012 avec David Shaw.

 

Tu habites Paris, Lille ou ailleurs ? Là aussi, on est perdu. Pourquoi ce choix ?
Je viens de Lille, j’y suis restée jusqu’à l’obtention de ma licence en 2005 puis je suis partie à Paris. J’y suis toujours aujourd’hui, mais il y a eu une petite parenthèse lilloise, un retour aux sources entre 2014 et 2016. À l’époque je ne pouvais plus me permettre de me loger à Paris (true story) et j’avais aussi envie d’un peu de calme…, et puis finalement je suis repartie car pour développer un label, c’est quand même plus facile d’être là où ça se passe ! J’avais aussi quelqu’un à rejoindre, ce qui faisait deux raisons suffisantes. Je ne dis pas pour autant que ce n’est pas possible de faire un label en province, attention ! Peut être qu’un jour, quand on sera plus connu, on pourra se permettre de s’éloigner un peu de la capitale.

 

Her Majesty’ Ship. À la tête du Label vous êtes deux : un Roi anglais (Manchester) et toi la Reine ? Qui mène la barque ?
Le Roi anglais David Shaw s’occupe essentiellement de la direction musicale et moi je tiens la barre sur toute la gestion du quotidien, la production, le développement. Heureusement j’ai des partenaires pour la promo, la distribution, les éditions, les clips… J’ai parfois l’impression d’être la marâtre plus que la Reine car je dois fouetter tout le monde et dire les choses qui fâchent. C’est le lot de celle qui fait les comptes j’imagine ! En fait, les tâches sont très simplement réparties selon nos compétences, alors c’est David au studio et moi au bureau.

 

Quel cap veut prendre le label pour l’année à venir ou les années à venir ?
C’est difficile à dire car on a assez peu de visibilité mais pour le moment on s’emploie surtout à consolider ce qui existe. Pas de nouvelles signatures donc. On commence à flirter avec la « french pop » et cela pourrait devenir un axe de développement, pourquoi pas. Il ne s’agit pas de suivre une mode mais de plus en plus d’artistes font des propositions intéressantes en français, on ne peut pas les ignorer.

 

L’album de Yan Wagner est sorti le 1er septembre 2017. Quand on écoute cet album on pense à Daho et pourtant ce n’est ni sa voix ni ses ambiances ? 
Oui tout à fait, c’est l’une de nos fiertés cette année. Personnellement cela me fait plus penser à des chanteurs comme Lee Hazlewood, même si je suis d’accord qu’Étienne Daho reste une référence importante pour Yan, et surtout l’un de ses plus grands soutiens. Comme je suis fan, cela me ravit évidemment. Sinon je trouve aussi qu’il y a un peu de David Bowie dans ce disque. C’est très riche comme musique mais les influences sont parfaitement synthétisées. On a tout de suite flashé sur les chansons avec David, c’était une magnifique opportunité à ne pas manquer pour le label.

 

Il y a eu la sortie de l’album de DBFC, celle de Wagner et celle de La Muerte bientôt, c’est une bonne cadence, d’autres sorties ?
C’est une cadence que nous n’avions jamais tenue encore, puisque jusqu’à lors, le seul album de HMS était celui de David Shaw and The Beat en 2012 (notre album fondateur comme j’aime l’appeler). Mais voilà, tout le monde était plus ou moins prêt au même moment, il « fallait que ça sorte » comme on dit. Et puis pour DBFC, même si c’était beaucoup de travail, c’était en licence chez [PIAS] UK donc nous n’avons pas dû tout gérer comme pour les deux autres. Pour le moment j’ai quelques projets en préparation mais plutôt des EPs ou singles. Notamment le premier EP de Rubin. Vous aurez aussi bientôt des nouvelles de Paprika Kinski et de David Shaw en solo !

 

Charlotte Decroix DJ set, tu nous donnes quelques titres de ta set list ? 
Pour un DJ set « HMS » je prévois des choses comme ça :
Plaisir de France & Barbara Carlotti – Herbes Mauves
Yula Kasp – Conscious
Rubin – Je Salue La Nuit
The Flirts – Calling All Boys
Marie Davidson – Excès de Vitesse

 

L’Aéronef fera un spot sur la culture scandinave tout comme elle l’avait fait l’an dernier sur Manchester. Est-ce que tu aurais des souhaits de voir et d’entendre des artistes scandinaves ?
Agnes Obel sans hésiter ! Je ne l’ai jamais vue malheureusement, j’étais passée à côté des premiers albums, mais Citizen of Glass m’a immédiatement séduit. Je suis très fan de Lindstrom aussi, même si j’ai un peu décroché ces derniers temps parce que je me tiens moins au courant des sorties electro. J’ai tout de même vu qu’il avait fait un remix de Temples récemment, en duo avec Prins Thomas. C’est un peu « facile » mais soyons honnêtes, la disco norvégienne c’est toujours un plaisir, ça donne envie de danser bêtement !

 

Tu nous fais un beau selfie ? Et merci !
Je me suis entraînée toutes les vacances pour vous faire quelque chose de correct. Mais vous m’excuserez, je n’ai pas pu faire de #nofilter, je n’avais pas encore assez pris le soleil.