ENTRETIEN AVEC MIOSSEC

« Heureux ceux dont les nécessités coïncident avec leur art. » (Schiller)

 

 

Un jeudi quelconque du mois d’août, j’essaye de contacter Christophe Miossec pour une petite interview. Malheureusement, c’est impossible. Problème de réseau. Du coup, je chausse mes palmes et me dirige gaiement vers la plage ensoleillée. Arrivé sur le sable, dring, dring, le phone rugit. C’est Miossec. Je lui explique succinctement ma position ensablée, et que là, je rejoins les mômes qui raclent le bord de mer humide pour pêcher des crevettes. Je perçois dans mes écouteurs un sourire amusé suivi d’un gargouillis, et l’on convient de se rappeler plus tard juste avant d’être coupé brutalement. Le lendemain j’essaye à nouveau. Oui, mais voilà, le Miossec est toujours en vadrouille. Nous finissons par convenir de faire ça par mail. L’animal cascadeur et vagabond chapeauté est en tournée avec son nouveau groupe, la violoniste-joueuse de mandoline Mirabelle Gilis, devenue sa compagne, Leander Lyons (guitares, basse et claviers) et Johann Riche (accordéoniste).

 

Il présente son nouvel album : Mammifères. Dixième album de l’artisan breton qui aime toujours foutre le bordel dans nos âmes.

 

 

Vu dans la bio qu’à l’âge de 13 ans tu écoutais les Stones et Hendrix – c’était en 77 ; l’époque punk t’a marqué ? Ensuite, tu étais plutôt new wave ?

J’ai eu un groupe jusqu’à mes 18 ans. On faisait de l’after punk (Wire, Gang of Four, etc…). J’ai arrêté bien avant que les corbeaux arrivent.

 

En 97 tu refuses une nomination aux victoires de la musique – en 2012 tu prends l’appellation de chevalier dans l’ordre des arts et des lettres – T’es bipolaire ou moins révolté ?

Je n’ai toujours pas ma médaille. Il faut aller la chercher. Donc, pas encore bipolaire.

 

Tu es un baroudeur : Brest – Paris – Bruxelles – l’Océan Pacifique… Qu’est-ce qui te pousse à toujours partir ? As-tu des ancêtres nomades ? Tu cherches de nouvelles rencontres ?

Je ne suis pas un baroudeur. Ça me semble juste complètement dingue de ne pas bouger.

 

Tu es auteur, compositeur, interprète, mais aussi poète, écrivain et même acteur de cinéma – qu’elle est ta préférence ?

Chanter, c’est à dire se décharger, le soir sur scène.

 

Mammifères ton dernier album, il y a des titres comme mouche ou alouette ! Que vient faire l’insecte et le volatile chez les mammifères ?

Et pourquoi pas ?

 

Il transparait dans ce disque une joie de jouer palpable. Moins technique, moins rigide que précédemment. C’est la mini-tournée qui a fait que ? Ou l’amour ?

C’est juste  » mort aux ordinateurs « . Vive le corps.

 

Si je te dis : « Manchester ». Ça te fait penser à quoi ?

Les Bee Gees où The Fall : Choisis !

 

Interview réalisée par Ludovic de Tréouville