Interview O – OLIVIER MARGUERIT

 

 

  1. « O », parce que tu n’aimes pas ton prénom et tu n’aimes pas les fleurs ?

O parce qu’au début c’était plus facile pour moi d’être caché derrière un symbole. J’aime le O pour sa forme parfaite. J’avais l’impression que la musique devait être mise en avant et pas forcément la personne qui était derrière. Avec ce deuxième album, j’assume complètement que les chansons soient incarnées et donc mes patronymes sont assumés. Appelez-moi O-livier Marguerit !

 

  1. Si c’était à refaire, ça donnerait quoi ? (nom et prénom ou prénom et fleur).

Si je devais me lancer dans une carrière internationale, allons-y pour Oliver Daisy. Sinon j’aime bien le blase Arbre Fleur en ce moment.

 

  1. Puisque l’on parle de fine fleur ! Tu es assez bien entouré sur scène. Présente-nous ton bouquet.

J’ai la chance d’être entouré d’excellents musiciens mais aussi d’amis proches. C’est fantastique. À la batterie et aux claviers, on retrouve Jérôme Laperruque et Mathieu Geghre qui étaient déjà avec moi pour la première tournée. Sont arrivées pour renforcer le groupe Maud Nadal qui a son projet perso Halo Maud dans lequel je joue. Elle joue avec moi de la guitare chorus et elle chante. À la basse et aux chœurs, il y a Emma Broughton avec qui je joue dans le groupe Thousand. Je suis super content de ce groupe, ça envoie.

  1. Dans ton dernier album « A Terre » tu parles beaucoup de toi et de tes aventures. Parce que dans tes autres expériences de musicien, tu éprouvais une certaine frustration ? Une envie de te dévoiler ?

Je ne sais pas si je vivais réellement de la frustration mais il est évident que quand on est le seul maître à bord, on peut pousser ses idées jusqu’au bout. C’est agréable. J’ai l’impression de l’avoir fait vraiment sur mon premier album, encore un peu sur le second. Maintenant j’ai envie d’ouvrir plus. Que la musique devienne plus collective. Le groupe de cinq personnes avec des caractères affirmés vient aussi de là.

 

  1. Dans l’un de tes clips, tu perds souvent l’équilibre mais tu retombes sur tes pieds ! C’est un peu comme ça Olivier Marguerit ?

J’aime prendre des risques et sortir un peu des clous. Je ne sais pas si je retombe toujours sur mes pieds mais il est important de faire un peu des pas de côté, que tout ne soit pas balisé. Sur scène, comme sur disque, j’aime qu’il y ait des surprises.

 

  1. Tu écris des musiques de films. Quel est ta dernière création ? Quel est ton dernier coup de cœur au cinéma ?

Le dernier long métrage que j’ai fait est un film japonais réalisé par Nobuhiro Suwa. Un très beau film hommage à la nouvelle vague avec Jean-Pierre Léaud. Le réalisateur ne parlait pas français, je ne parle pas japonais, ça donnait une communication assez belle. J’ai pris beaucoup de plaisir à composer la musique de ce film.

  1. Quel est ton regard sur la pop française ? Un coup de cœur aussi ?

La pop française est multiple j’ai l’impression. Il y a une partie qui essaye de coller à son époque en utilisant des techniques de production et des sons modernes et de l’autre, des chanteurs ou chanteuses qui s’inscrivent dans une pop plus intemporelle.  J’essaye d’avoir un pied un peu entre les deux. Dans la composition, je pars d’une grille harmonique forte et d’une mélodie bien ciselée. Ensuite, j’essaye de produire la musique avec des sons d’aujourd’hui mais en gardant l’idée que faire de la musique c’est jouer d’un instrument avec d’autres musiciens. J’évite le côté tout ordinateur. J’ai pris une bonne claque avec le dernier disque de Bertrand Belin. Quel panache !

 

  1. L’Aéronef consacre à chaque saison une destination : cette saison nous sommes sur le Portugal. Tu connais ? Tu connais des artistes ? Déjà joué ? 

Je suis allé plusieurs fois au Portugal mais jamais pour y jouer. Je ne connais pas bien la scène portugaise actuelle même si je sais que c’est un endroit où pas mal de choses se passent. Beaucoup de musiciens sont venus s’installer là-bas comme Panda Bear d’Animal Collective. Ma ville préférée est Porto. L’année dernière j’ai travaillé avec un artiste portugais vivant en France pour une performance mêlant texte, musique et fanfare lusitanienne. Il s’appelle Antonio Contador, c’est un génie !

 

  1. Tu nous fais un selfie ?

J’ai horreur des selfies et jusqu’à présent j’ai réussi à éviter mais pour vous ok !