LE VERTIGO, VUES D’EN HAUT

 

L’accompagnement d’artistes, L’Aéronef en fait son affaire. Leur nouvelle bonne pioche, dans le cadre de son dispositif PAM (Pépinière d’artistes de la métropole lilloise) : le trio lillois Le Vertigo. « Pop élégante » étant trop fainéant et réducteur, l’auteur de ces lignes a ajouté 2 500 signes. Ça n’était pas de trop.

C’est élégant, Le Vertigo. Toutes les musiques devraient l’être, évidemment. Quand ce n’est pas le cas, on passe son chemin. Ici, on tend l’oreille. Tout de suite. Conscient pourtant qu’il y a là quelque chose d’inaccessible au prime abord. Qu’il va falloir du temps. Des climax pareils, qu’on n’entend pas venir alors que la chanson fonctionnait déjà, c’est surprenant. Parce que c’est fin, aussi, Le Vertigo. Parler de « pop indé » ne suffit pas. Du velours et des claviers, peut-être. La rondeur des voix et du mystère. Des temps forts sans hurler. Le Vertigo, ça n’est pas du métal. On pourrait pourtant dire que ça envoie du lourd. Dans le palpitant et dans la façon qu’ils ont de laisser des souvenirs. Le Vertigo, ça s’écoute avec un œil dans le rétroviseur en piétinant des claviers vintage. Ou en buvant un vin épais dans une pièce sombre assis dans un fauteuil sans âge. Il n’est pas interdit de fermer les yeux. Le vertige n’est alors pas à exclure.

 

La finesse, ça n’empêche pas les uppercuts au plexus à coups de clavier bien tempéré. Et d’une voix qui sait s’y prendre. Lulu, Camille et Sylvain savent envoyer des watts. Sans guitare. Ça aussi, c’est élégant. Arrivé là, on comprend mieux pourquoi L’Aéronef leur a mis le grappin dessus. Résidence de création – ils viennent d’y passer trois jours début mars et remettront ça au Près du Hem fin mai avec un concert à la clé –, enregistrements, vidéos, formations, rencontres avec des professionnels nationaux, aide à la diffusion… Le Vertigo sait faire de la bonne musique, L’Aéronef, leur donner les moyens de la mettre en valeur. Le monde est parfois bien fait. Sinon, il faut bien l’avouer : nos trois Lillois chantent en anglais. Et ça fait six ans et trois EP que ça dure.

 

Sortis du studio, ça donne quoi ? Ils ont déjà fait les premières parties de White Wine, Lonelady et Motorama, pris part aux sélections régionales Inouïs du Printemps de Bourges en 2016 et au Inrocks Sosh Lab en 2015. Via le PAM, il devrait également y avoir des show-case ¬: Crossroad festival, MaMa Festival et Bars en Trans… Leur passage à L’Aéronef doit, entre autres, les aider à peaufiner leurs sets.

 

Au fait, Le Vertigo tient son nom d’un morceau de clavecin composé par Pancrace Royer, compositeur français du XVIIIe siècle né en Italie.

– Texte par Renaud Vatain –

 

Dernier EP disponible (iTunes, Spotify, Deezer, Amazon et sur leur bandcamp) : On the Shore

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